Contes d'avant maintenant

Bonne année avec le piaf !

oiseau

C’est à l’heure où

j’allais me faire une petite flambée

que l’ai retrouvé dans l’âtre de la cheminée

couvert de suie et de cendres,

un peu sonné semble-t-il par son vertigineux atterrissage,

le regard hagard et le souffle rapide…

Pas un son n’avait attiré mon attention.

Pas un seul froissement d’aile non plus.

Il était du genre discret à ne pas faire de vague.

Juste un beau plumage coloré reçu en héritage

qui contrastait dans le gris de la pénombre.

- « Qu’est ce que tu fais là ?

C’est un peu risqué comme planque….

Tu aurais pu finir en poulet rôti si je n’avais pas fait plus attention ! »

Mais le piaf ne réagissait pas.

Il me scrutait mollement de sa bille d’ébène

mais n’émettait aucun autre signe de vie.

Genre en état de choc ?

- « Il a dû t’ arriver un truc à te couper le souffle !

On peut dire que ça t’a cloué le bec ! »

On est resté quelque temps à se regarder comme ça.

Moi je me sentais un peu gauche,

un peu éloigné de ma zone de confort…

Le silence c’est pas trop mon truc.

Je me trouvais vite turlupinée par les questions du genre :

- « Comment fait-on pour communiquer avec ce genre d’oiseau ? »

- « Comment m’y prendre avec cet effarouché ? »

C’est alors que j’ai entendu

une petite voix intérieure

me faire la liste de tous les

« Taka » et « Yfauke »

Ça avait sauvagement l’allure d’une lonnnnnnnngue litanie

impérative

qui me faisait plus penser

à l’itinéraire

d’un Everest à gravir

qu’à une soirée sympa entre potes !

Le genre d’ordres de mission

qui vous envahit l’agenda

et  qui en un temps record

d’un revers de ping-pong

vous plonge dans une culpabilité moite et collante

s’il ne s’en suit pas d’un rebond pavlovien interventionniste.

Tout à la fois la même petite voix intérieure

susurrait deux autres listes

« Yfausurtoupas » et « Yakapa »,

fruits d’une lonnnnnngue expérience surannée

d’interventionnismes

invasifs et autoritaires

déjà rencontrés sur les chemins ombragés de la vie.

- « STOP !!! »

C’est le cri que j’ai poussé sans même m’apercevoir

qu’il avait franchi la frontière de mes lèvres.

Il avait dû être suffisamment strident pour affoler le piaf

que je vis aussitôt rassembler tous les morceaux de lui-même

en un tas un peu plus ressemblant

à l’idée que je me faisais d’un oiseau.

La tête dodelinant légèrement sur son corps tout frêle,

il semblait bien réveillé

et plus disponible à un échange.

Je concentrais tous mes efforts

à lutter contre mes voix intérieures

encore trop polluantes

et me tournait vers ses ondes

que je craignais inaudibles

pour mes oreilles de nana !

On m’avait toujours enseigné

du champ des possibles et des impossibles,

en me précisant bien que tout cela

était

« comme ça »,

immuable.

J’étais même médaillée dans

l’art de Cekissefait

et l’art de Cekissefèpas.

C’est alors qu’il se passa

pourtant

l’inénarrable.

Et comme tout ce qui est inénarrable,

vous comprendrez

que je ne puisse ici vous le narrer…

Croyez moi toutefois sur parole :

nous avons échangé un long moment

en passant par des chemins

que je ne pouvais jusqu’alors imaginer.

C’est comme l’Amour…

si on te demandait de le dessiner :

tu y mettrais quoi ?

Moi j’aime bien qu’on y mette une chèvre

qui joue du violoncelle

et un poisson

quivole et qui joue de la grosse caisse

ou qui rallume les lampions du dais d’Amour c’est possible aussi…

Alors que c’est quand même bizarre

pour les gens bien pensant et

qui ont les pieds bien sur terre :

ils vous diraient que ce n’est pas réaliste :

le poisson ne vit que dans l’eau.

Et bien pour la conversation avec le piaf,

c’est pareil que l’Amour.

ChagallMariés

Je peux juste vous dire que si nous nous sommes retrouvés là,

nez à nez,

c’est qu’il venait de vivre

l’un des crashs les plus terribles

de son histoire :

tandis qu’il volait tranquille

avec sa frangine,

dans un ciel bleu azur de ce premier jour de l’an,

il a manqué une seconde d’attention

- alors qu’il savait, oui il savait qu’avec cette frangine

il fallait faire attention

pour deux,

parce que l’autre,

elle ne fait jamais gaffe à rien,

rien d’autre qu’elle,

plutôt du genre narcissssssssique

à ne s’occuper que de son plumage d’exception-

et boum !

Il s’est pris un mur !

Sous le choc, il a perdu l’équilibre,

s’est amoché un bout d’aile,

et a fait cette chute vertigineuse…

jusqu’à mon salon.

Parce que le mur en question

était la cheminée de ma maison.

On peut dire qu’il est tombé de haut !

Mais à cet instant ce qui lui faisait la plus grande peine,

ce n’est pas tant la douleur de la chute ou les plumes envolées,

mais plutôt,

que sa sœur ait continué sa route,

sans même se retourner sur son chemin…

Quelle vertigineuse solitude !

Comme si pour mon piaf,

avoir perdu un bout d’aile

à moins que ce ne soit surtout

un bout d’elle,

l’empêchait de reprendre son envol…

Mais Philomène n’en était pas

à sa première rencontre

coeur à coeur…

- « Profite ! C’est l’occaz de voler de tes propres ailes ! »

Le piaf n’avait pas l’air convaincu par ma méthode Coué !

Je savais bien qu’il faudrait le temps que cicatrise

la plaie du choc avant que mon piaf

n’ait les écoutilles disponibles à toute proposition…

Je me suis donc plongée

dans un bain de patience

espérant ainsi lui adoucir la vie.

Je me régalais de cette rencontre inédite.

Il me parlait de son univers à plumes,

je lui racontais

mes aventures de nana.

Nous échangeâmes nos points de vue.

Et soudain je m’entendis lui dire :

- « En ce 1er janvier,

et tout au long de l’année

prends bien soin de toi ! »

Le piaf me remercia de mes bons vœux !

- « Mais ne me remercie pas : je ne veux rien !

Je te dis cela parce que c’est ce qu’il te faut !

C’est bon pour toi !

C’est ma prescription,

mon médoc,

mon antalgique,

mon pansement,

ma vitamine,

mon élixir de bon-heur !

Appelle cela comme tu veux !

Mais surtout :

fais-le !

Si tu ne t’occupes pas de toi,

qui le fera ?

Si tu ne prends pas soin de tes besoins ?

Qui le fera ?

Qui peut seulement les connaître… ? »

Mon piaf était un peu sonné par le souffle passionné

qui m’avait emporté en lui soufflant ces mots…

Mais pour la première fois peut être,

il venait de contacter dans sa petite cervelle de moineau,

en  conscience

qu’il est libre,

libre,

libre,

certes né dans un nid bien circonscrit,

c’est plus pratique,

sur un arbre bien réel,

avec des frères et des sœurs faits de chair et de plumes,

mais

libre et unique,

avec tout un advenir à bâtir

par lui-même

à présent

qu’il savait voler et se nourrir tout seul…

Et pour cela,

il était temps

qu’il s‘autorise à déployer et voler de ses propres ses ailes,

qu’il s’autorise à aller là où

l’imprévisible

le mènerait…

Très belle et

surprenante année

à chacun !

Bon vol !

 

Si comme ce piaf

tu as des bleus ici ou là,

des bouts d’elle amochés,

des peurs qui t’empêchent de t’envoler par ci par là,

ou bien,

mais aussi,

une furieuse envie,

de déployer tes ailes,

de faire monter la bonne adrénaline,

de vivre des expériences nouv’ailes,

pleines de douceurs,

de rires et d’authenticité,

de créativité,

de lâcher-prise…

Inscris-toi vite à l’un des stages clown :

un espace unique

de bienveillance et de liberté

de jeu et d’expériences,

de nature à Grandir

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Il ne reste que 7 jours pour les inscriptions de février et janvier !

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